Synopsis : Evocation de la vie de la reine d’origine autrichienne, épouse mal-aimée de Louis XVI, guillotinée en 1793.
Au sortir de l’adolescence, une jeune fille découvre un monde hostile et codifié, un univers frivole où chacun observe et juge l’autre sans aménité.
Mariée à un homme maladroit qui la délaisse, elle est rapidement lassée par les devoirs de représentation qu’on lui impose.
Elle s’évade dans l’ivresse de la fête et les plaisirs des sens pour réinventer un monde à elle.
Mon avis : Je me rappelle avoir attendu ce film comme le messie. Complètement accro aux deux précédents films de celle que je n’hésite pas à surnommer mon mentor, dès l’annonce du tournage de cette fresque je n’en pouvais déjà plus d’impatience. D’autant plus que je venais alors de lire la biographie de Marie Antoinette de Zweig, qui m’avait alors totalement envoûtée. Un portrait peint sans concessions, éclairé par quelques notions de psychanalyse, ce bouquin m’avait semblé d’une justesse incroyable pour ce qui est de la description de la condition féminine, bien qu’étant écrit par un homme. Dans mon égocentrisme naturel, j’ai alors songé que cette chère Sofia avait eu la même idée que moi et que c’était la lecture de Zweig qui l’avait inspiré pour l’écriture de ce film.
Le jour de la sortie, j’ai réalisé qu’il n’en était rien … D’où une certaine déception. Malgré que je savais pertinemment que le film insistait sur le côté frivole de la reine, je pensais tout de même qu’un peu de profondeur allait être donnée au propos. En effet, chez Zweig, si cette dernière est décrite comme une gentille gourde dans ses premières années à Versailles, sa personnalité se réalise et gagne en profondeur dès le début de la Révolution. Or c’est précisément à ce moment de la vie de la reine que Sofia Coppola a décidé de clore son film. Mes premières impressions durent donc mitigées, ce qui est toujours le cas lorsqu’on attend impatiemment la sortie d’un film et que l’on commence à en imaginer le contenu.
En revanche, il est impossible d’être déçu par l’esthétique de ce film, un petit bijou de couleurs pastels arrangées avec enormément de goût et rendant les parures du XVIIIe siècle quasiment modernes. Le rose est omniprésent ( ce qui n’est pas pour le déplaire!! ) et l’audacieuse utilisation de la bande son rock donne à ce film un relief extraordinaire. Le pari était cependant loin d’être gagné. Je m’imaginais très mal pour ma part, Marie Antoinette avec une de ces coiffures d’un mètre de haut, se pavaner dans la galerie des glaces sur fond de Strokes ! Et pourtant ça fonctionne à merveille. Comme quoi, il est indispensable de se débarasser de tous ses a priori avant d’aller s’assoir dans une salle obscure.
Quelques anecdotes pour finir. Je savais déjà en allant voir le film que Sofia avait glissé une paire de Converse parmi les chaussures à froufrou. Charmant clin d’oeil non ? C’est assez génial d’ailleurs de le découvrir à la première vision. Il paraitrait aussi qu’Alain Delon était pressenti pour jouer le rôle de Louis XV, mais il aurait refusé de porter une perruque … Il s’arrange vraiment pas !
En conclusion, je trouve que ce film est à déguster comme une patisserie, sans se soucier d’une quelconque profondeur et en n’y cherchant pas une évocation du personnage historique de Marie Antoinette. En effet, Sofia Coppola se serait même refusée à lire la biographie de Zweig, car l’image de la reine lui semblait trop péjorative vue sous l’angle de cet écrivain. Voilà donc le pourquoi du comment … Ce n’est donc absolument pas la Marie Antoinette que j’espérais, ni celle que pensaient voir la plupart des critiques de Cannes, où le film n’a pas vraiment été salué. En revanche, c’est bel et bien la Marie Antoinette de Sofia Coppola que l’on rencontre, essentiellement à la seconde vision, lorsque qu’on est débarrassé de tous les a priori propres à un sujet maintes et maintes fois remanié. Et cette reine de la frivolité, emballée dans du satin et dansant sur du rock des années 80 ne pourra pas vous décevoir.
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8 septembre 2007 a 11:27
Mouarfeuh..et quand on trouve que Kirsten Dunst est fade comme actrice, on fait quoi ? :-x. J’aurais préféré Scarlett Johansson dedans
8 septembre 2007 a 12:04
J’étais tout a fait de ton avis avant de voir le film : Scarlett Johannson aurait peut être été mieux, d’ailleurs je crois bien qu’elle a été préssentie pour le rôle avant Kirsten Dunst. Mais en même temps, il faut bien se figurer que le but n’était pas forcément de dépeindre une reine haute en couleur et avec une forte personnalité. Dans ses premières années à Versailles, la reine ressemblait certainement plus à une Kirsten Dunst, une beauté froide et un peu fade, plutôt qu’Ã une pulpeuse et émouvante Scarlett Johansson …
8 septembre 2007 a 2:30
osef
10 septembre 2007 a 8:17
je te trouve bien indulgente, j’avais également adoré les précédents, j’ai détesté celui-ci comme rarement, vivement le prochain…
3 novembre 2007 a 4:08
Je trouve que Sofia a magnifiquement depoussiéré le film historique.Tout le monde s’attendait a une fresque genre Milos Forman.Poue elle,sa Marie-Antoinette est une femme resolument moderne. Le film est ,je trouve , aussi nostalgique et lancinant sur le temps qui passe, le temps suspendu ( les scenes du Petit Trianon, la ferme). Je n’ai pas aime quand je l’ai vu la 1ere fois. Mais maintenant je l’adore.Mais j’aurais prefere Scarlett . Elle est physiquement plus ressemblante de la reine que Kirsten.